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Le marché prometteur des lecteurs universels d’authentification optique : l’U-Tag de Prooftag VS le CD3 de la FDA

Écrit par © Filactu le . Rubrique: Technologies

C’est un fait, la multiplication des procédés d’authentification optiques pose un sérieux problème d’équipement aux autorités de contrôle.

En effet, chaque procédé nécessite un lecteur de contrôle spécifique et propriétaire. L’impossibilité d’équiper les services douaniers d’une multitude de lecteurs pour contrôler l’authenticité d’une large gamme de produits de différentes marques restreint donc le marché de ces technologies et l’efficacité des contrôles.


Pour contourner ce problème de nombreux fournisseurs de solutions d’authentification optique ont développé des applications qui transforment un smartphone en lecteur de contrôle. Cette solution est même devenue quasi incontournable chaque fois qu’une marque souhaite donner au consommateur la possibilité d’effectuer lui-même ce contrôle. L’atout principal du smartphone réside dans ses fonctions de communication notamment vers un Web service de validation avec des fonctions de support marketing et de relation client. Mais la performance des smartphones limite son usage aux procédés dont le contrôle s’effectue en lumière naturelle et/ou à l’aide du flash.
Cette réserve mise à part, rien n’interdit d’intégrer sur un même smartphone, et pour un faible coût, plusieurs applications authentifiantes de fournisseurs différents.

Les autorités de contrôle sanitaires ou douanières, du monde entier, ont cependant besoin d’équipements plus performants, capables de contrôler un grand nombre de procédés d’authentification optiques visibles ou cachés. C’est pourquoi, ces autorités devraient jouer, dans les années à venir, un rôle de prescripteur et inciter par leurs commandes d’équipements au développement d’un marché mondial conséquent. Un nouveau secteur pour lequel les acteurs européens détiennent de sérieux atouts.

L’exemple de la FDA

En septembre dernier, la Food an Drug Administration (FDA) américaine a révélé à l’occasion d’un colloque à Washington, qu’elle avait développé en interne, depuis 2010, un lecteur optique autonome pour détecter les contrefaçons.

FDA-cd3
La troisième version de ce lecteur « Counterfeit Detection Device number 3 » (CD3) est équipée de LED qui émettent sur 10 longueurs d’onde différentes de l’ultra-violet à l’infrarouge. Ce lecteur permettrait d’authentifier une centaine de produits ou leurs emballages. Ces produits sont des médicaments, des cosmétiques, des dispositifs médicaux, des aliments, ou encore des cigarettes… Ce lecteur, dont le prix serait de l’ordre de 1000 $ est utilisé dans une cinquantaine d’endroits aux États-Unis dans les laboratoires de la FDA, mais aussi aux frontières ou encore dans les centres postaux de San Francisco, Los Angeles et Chicago.
Curieusement, cet appareil ne dispose pas de fonction de communication. C’est donc à son utilisateur d’interpréter ce qu’il voit sous une lumière spécifique. Il nécessite donc une formation des contrôleurs.
Si la FDA en parle aujourd’hui c’est que le financement de la version 4 serait compromis par des restrictions de budget. Il est toutefois paradoxal de constater, au pays de la libre entreprise, que ce type de développement repose uniquement sur un organisme public fédéral.

Le lecteur U-Tag de Prooftag beaucoup plus performant

U_Tag_ProoftagDe ce point de vue, le terminal universel U-Tag, annoncé par Prooftag en juin dernier (lire article) pour vérifier l’authenticité des documents et des produits, semble beaucoup plus performant que le lecteur américain de la FDA.
Au départ, Prooftag a conçu ce lecteur mobile uniquement pour authentifier ses propres Codes à bulles. Mais comme l’explique Francis Bourrières, co-inventeur du Code à bulles, « ce lecteur optique embarque beaucoup d’intelligence pour capturer et traiter le signal optique des bulles en trois dimensions. Il est donc tout à fait prêt pour intégrer et analyser d’autres technologies d’authentification optique.  Il incorpore déjà plusieurs sources de lumières UV ou infrarouge. Il peut donc interpréter des hologrammes sécurisés et beaucoup d’autres procédés optiques. Il suffit de savoir ce que l’on recherche et de paramétrer le lecteur en conséquence. Les autorités de contrôle de différents pays ont déjà manifesté de l’intérêt pour notre lecteur universel U-Tag et un premier marché sera annoncé en 2013.
En concevant notre lecteur nous avions anticipé ce type de besoin de la part des autorités de contrôle. Nous pouvons ainsi livrer des lecteurs vierges ou en marque blanche. Les clients ou les intégrateurs peuvent ensuite les adapter en fonction de leurs besoins. Il suffit de négocier des accords de licences avec différents fournisseurs de solutions d’authentification puis de paramétrer les lecteurs selon les critères d’authentification fournis.
L’autre atout du terminal U-Tag réside dans ses fonctions de communication. Il fonctionne sur tous les réseaux publics ou privés et avec différents protocoles de cryptage pour consulter des web-services distants. La réponse sur l’authenticité du produit repose donc sur les critères objectifs et non sur l’interprétation du contrôleur sur le terrain. Enfin, U-Tag permet aussi de localiser la position des contrôles par GPS.
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Philippe Collier