Technologies

L'Imprimerie nationale ne peut encore se passer du monopole

Écrit par CR52 le . Rubrique: Technologies

Selon le dernier rapport de la Cour des comptes, l’Imprimerie nationale « s’est adaptée trop lentement aux réalités du marché. Si la réforme décidée en 1993 était indispensable, la manière dont elle a été conduite a eu un coût trop élevé pour l’État. La gouvernance a mal fonctionné : elle n’a réagi que tardivement, lorsque la situation était très dégradée. Le plan de redressement en définitive adopté en juillet 2004 a été globalement bien mené mais les perspectives, si elles étaient désormais plus favorables, demeuraient fragiles. »

Le coût du plan de restructuration estimé initialement à 16 millions d'euros en a coûté finalement 34,4 M€. Cependant en 2008, pour la première fois depuis 1996, l’Imprimerie nationale a dégagé un résultat d’exploitation positif.

La Cour souligne aussi que « malgré les progrès réalisés dans le fiduciaire, l’Imprimerie nationale met en avant que cette source de pertes récurrentes ne lui permet pas encore de se passer du monopole : En effet, une concurrence sur les documents sécurisés risquerait de faire baisser à la fois les quantités et les prix, ce qui ne permettrait plus à cette activité de dégager les marges nécessaires à l’équilibre global de l’entreprise. »

En réponse, Didier Trutt, son nouveau PDG (depuis le 16 septembre 2009), précise :
« Les produits fiduciaires intègrent et croisent de multiples technologies et sécurités dont une grande part est achetée après mise en concurrence. Le savoir faire de l’Imprimerie nationale consiste à amalgamer ces éléments en toute indépendance pour obtenir le meilleur de la sécurité pour la protection des documents.
L’ouverture totale à la concurrence pourrait avoir pour conséquence de limiter la possibilité d’aller chercher le meilleur de chaque technologie, souvent française, là où elle se trouve et n’aurait donc au mieux d’effet que sur la partie valeur ajoutée de l’Imprimerie nationale. Rien ne permet aujourd’hui d’affirmer que des gains de prix seraient possibles ou significatifs.

(…) Les comptabilités des activités sous monopole et des activités hors monopole sont séparées dans deux sociétés différentes. L’objectif poursuivi, et tous les efforts sont orientés en ce sens, est de maintenir viable par ses propres moyens la société hors monopole. »