Arnaques payantes pour des promesses de réductions virtuelles

Écrit par © Filactu le . Rubrique: Sécurité des consommateurs

Gilles NECTOUX, président du Syndicat National du Marketing à la Performance (SNMP), qui réunit les principaux acteurs du CashBack français, a écrit à, Carole DELGA, la secrétaire d’État chargée de la Consommation, pour dénoncer « une pratique de plus en plus répandue en France et qui vise délibérément à tromper les consommateurs. »

Pour mémoire, le CashBack permet aux consommateurs d’acheter moins cher sur le Web en se faisant rembourser une partie du montant de leurs achats. Bien entendu, ce procédé est, normalement, totalement gratuit pour l’internaute et résulte d’un accord négocié entre les sites de CashBack et les e-commerçants.

En 2014, le CashBack a ainsi permis de générer près de 600 millions d’euros de chiffre d’affaires auprès des e-commerçants partenaires soit une croissance proche des 30 % ces trois dernières années. Le CashBack est donc un outil positif de développement du commerce sur Internet et à ce titre, être respectueux à la fois des acteurs commerçants mais surtout des consommateurs qui lui font confiance.

Un détournement discret mais très rentable

Fort du constat que le CashBack attire de plus en plus d’acheteurs, de grands sites d’e-commerce ont mis en place  une offre de CashBack payante ! Le procédé est simple : lorsqu’un consommateur achète sur ces sites, il lui est proposé, en fin de commande, de bénéficier d’un remboursement de 10 à 20 € lors d’un prochain achat.

Croyant bénéficier d’une offre proposée par le site marchand en lequel il a confiance, le consommateur donne sans crainte, son accord, sans avoir conscience que cette opération a un coût et que c’est en fait une souscription d’abonnement.

Et c’est là que, sciemment, le consommateur est trompé, car ce que l’offre ne dit pas clairement c’est que pour en bénéficier, le consommateur doit s’abonner. Cet abonnement payant et insidieux coûtera de 12 à 15 €/mois à l’internaute crédule par prélèvement sur la carte bancaire qu’il a utilisé pour effectuer l’achat initial… Jusqu’à ce que prenant la peine de regarder ses relevés bancaires en moyenne 9 mois plus tard, il s’aperçoive de la supercherie.

Un proche de notre rédaction a été ainsi prélevé de 12 € pendant 38 mois avant qu’il ne s’aperçoive de la supercherie. Et après avoir déposé plainte, l’assurance de sa carte bancaire a refusé de le rembourser au motif qu’il avait donné son accord. Mais en fait sans le savoir !

Parmi les sites commerçants ayant accepté, contre une rétribution financière, ce type de pratique, on retrouve de grands noms du e-commerce français : Voyages-sncf.com, Fnac.com, RueduCommerce.fr, PriceMinister.com, Cdiscount.fr, LaRedoute.fr….

Selon le SNMP, « leur intérêt est financier. Ils touchent, en termes de rétribution,  des sommes  comprises entre 100 à 300 K€ par mois (soit, pour certains, jusqu’à 20% de leur résultat d’exploitation) pour faire la promotion de ce service sur leurs pages, quitte à tromper leurs propres clients et à ternir l’image de l’e-commerce français. La multiplication des commentaires de consommateurs floués sur Internet en témoigne.

 Deux sociétés proposent ce service dont le modèle économique repose exclusivement sur l’abonnement mensuel facturé au consommateur à ses dépens : Webloyalty (RCS Paris 499 925 956) éditant le site Remises et Réductions (http://www.remisesetreductions.fr) et MonetizeAngel (RCS Versailles 801 090 374).

L’une d’elle, Webloyalty, a déjà été interdite et condamnée en Italie pour la même activité. Des actions de groupe sont en cours aux Etats-Unis à son encontre. »

« Afin de conserver un e-commerce français éthique, respectueux, propre, sécurisé et sans danger pour les consommateurs qui sont de plus en plus nombreux à y faire leurs achats,  nous souhaitons que ce type de pratiques soient interdites ou, à défaut réglementées. Internet ne doit pas être une zone de non-droit, une zone où tromper et duper peut se faire en France sans risque d’être inquiété, » écrit Gilles NECTOUX.

Il souhaite, en particulier, qu’une enquête soit diligentée auprès de la DGCCRF sur ces pratiques. « Chaque jour, nous recevons des plaintes d’internautes trompés, d’internautes victimes, d’internautes dont la confiance dans le CashBack s’en trouve affectée, d’internautes qui sont nos clients et qui sont amenés vers ces services sans le vouloir. »

PhC

Un sujet ancien déjà traité par Que Choisir :

http://www.quechoisir.org/commerce/methode-de-vente-abus/actualite-remises-et-reductions-le-piege-des-10-euros/