Les premières extensions « .marque » seront publiées à la fin du mois

Écrit par © Filactu le . Rubrique: Interviews

S-Berlot_MarkMonitorInterview de Stéphane BERLOT, responsable des ventes France et Benelux de MarkMonitor

Les entreprises et les institutions ont jusqu’au 17 avril 2012 ** pour déposer, auprès de l’ICANN, leurs dossiers pour acquérir une extension Internet générique (gTLD) de type « .marque », c’est-à-dire au nom d’une ville comme « .Paris » ou d’une entreprise comme « .Peugeot ». La liste des premiers candidats sera publiée le 30 avril **. Les titulaires de droit auront alors six mois pour contester une éventuelle utilisation abusive de leurs marques. Ces nouveaux TLD devraient être opérationnels en 2013.

 

Quels sont les avantages à posséder son TLD ?

Devenir propriétaire de son extension donnera incontestablement une meilleure visibilité donc un avantage. Cela ne peut qu’améliorer la façon de communiquer sur Internet et renforcer la présence en ligne des marques. La mémorisation des adresses sera plus facile car elle bénéficiera de la notoriété des marques.

Mais surtout, le détenteur d’un « .marque » aura les mêmes pouvoirs qu’un « Registry », c’est-à-dire qu’il pourra créer des noms de domaine et des adresses Internet selon sa stratégie et ses besoins pour ensuite les allouer à ses partenaires commerciaux : distributeurs, revendeurs, franchisés… Les réseaux commerciaux devraient gagner en homogénéité et mieux bénéficier de la notoriété des marques. L’identification d’une marque dans les moteurs de recherche s’en trouvera aussi considérablement augmentée.

• Quel est l’ordre de grandeur de l’investissement ? Et quelles structures et processus doivent être mis en place pour gérer le nom de domaine ?

Il faut savoir, tout d’abord, que le dossier de candidature est lourd et complexe à remplir. Nous le savons car nous avons aidé plusieurs de nos clients à le constituer. L’entreprise doit démontrer son intérêt, justifier d’un projet et prouver qu’elle est détentrice des droits de propriété intellectuelle.

Ensuite, il faut prouver que l’on a la capacité technique de gérer et de distribuer des noms de domaines au même titre qu’un Registry, comme par exemple en France, l’AFNIC qui gère le « .fr ». Cela suppose d’avoir un service informatique performant, bien sécurisé contre les attaques et avec une hot line. Des tâches qui peuvent, éventuellement, être externalisées auprès de prestataires externes mais avec de sérieuses garanties de sécurité et de confidentialité.

Enfin, compte tenu de l’investissement à consentir, la démarche s’adresse plutôt aux grands groupes et aux collectivités territoriales importantes. Il faut, en effet, s’engager sur 10 ans et le coût perçu par l’ICANN est, selon nos estimations, de l’ordre de 2 millions de dollars.

• Quelles sont les implications pour les entreprises n’ayant pas fait de demande de TLD ?

Chaque marque aura besoin d'en évaluer soigneusement l’impact. Cependant, les risques de litige devraient être réduits compte tenu des contraintes demandées par l’ICANN avant d’attribuer un TLD.
Comme la démarche est nouvelle, beaucoup d’entreprises attendent aussi de voir comment les premiers candidats vont essuyer les plâtres avant de se lancer.
Dans tous les cas, toutes les entreprises, avec ou sans TLD, doivent continuer à surveiller leurs marques sur Internet, car les risques d’abus, de cybersquating, de détournement ou de faille sont toujours présents.

• Comment les entreprises peuvent tirer profit et rejoindre de nouveaux TLD comme par exemple ".Paris" ?

Les entreprises qui n’ont pas les moyens d’acquérir leur propre TLD pourront toujours rejoindre des domaines génériques susceptibles de valoriser leur activité.
Par exemple, pour une entreprise dans le tourisme, il sera peut être intéressant d’avoir une adresse Internet en « .Paris ». Ces noms de domaines devraient générer beaucoup de business.

• Quel sera l'impact des nouveaux TLD sur le consommateur et de l'Internet dans son ensemble ?

Il est probable aussi que beaucoup d’extensions génériques seront demandées par des communautés professionnelles, comme « .Banque », « .Assurance » ou une appellation protégée comme « .Champagne ». Les propriétaires pourront alors attribuer des noms de domaines selon des critères spécifiques. L’adhésion d’une entreprise à ce référent sera alors perçu par le client comme une sécurité, un gage de crédibilité et de confiance supplémentaires.
Ce serait notamment un bon moyen de distinguer sur Internet, les vraies et les fausses pharmacies en ligne.

Propos recueillis par Philippe Collier

 

** Mise à jour 26/04/12 : Ces dates ont été plusieurs fois reportées par l'ICANN pour des raisons techniques.

Le mieux est de consulter le site de l'ICANN : http://newgtlds.icann.org/en