Palmarès mondial du luxe : la France est toujours leader des ventes

Écrit par © Filactu le . Rubrique: Chiffres et indicateurs

Au sein d'un environnement en mutation permanente, les acteurs du luxe se concentrent désormais sur le numérique, l'augmentation des consommateurs mobiles et les modèles d'affaires percutants. Deloitte publie la 5° édition de son étude mondiale Global Powers of Luxury Goods. Ce rapport, basé sur les données 2016 (exercice de 12 mois se clôturant au 30 juin 2017), répertorie les 100 plus grandes entreprises de produits de luxe à l'échelle mondiale, examine les principales tendances qui façonnent le marché du luxe, et délivre des perspectives sur l'économie mondiale.

Les 100 principaux fabricants de produits de luxe à l’échelle globale ont enregistré un chiffre d’affaires de 217 milliards de dollars en 2016, ce qui équivaut à une faible croissance de seulement 5 milliards de dollars (1%) par rapport à l’année précédente (1). L’industrie se distingue par une forte concentration économique, les dix plus grandes entreprises générant 47 % du chiffre d’affaires total des 100 sociétés classées. Les acteurs du Top 5 de l’industrie de la mode et du luxe – LVMH, Estée Lauder, Richemont, Luxottica et Kering – conservent leur position en tête de classement.

Les activités de fusions & acquisitions ont eu en 2016 un impact majeur sur 4 des acteurs du Top 100 :
    • Coty a finalisé l'acquisition de l'activité beauté de Procter & Gamble, pour un montant de 12,5 milliards de dollars en octobre 2016. Cette nouvelle division luxe chez Coty a donc intégré le classement.

    • Elizabeth Arden, Frédérique Constant (horloger suisse), et Tumi (acteur dans la maroquinerie) n'intègrent pas le classement, pour cause de rachats.

Beaucoup d’autres opérations de fusions-acquisitions / partenariats ont significativement changé le classement depuis fin 2016 et se sont poursuivies sur 2017.

« Suite à un contexte économique incertain et des crises géopolitiques en 2016, le marché du luxe s’est relevé, pour atteindre un niveau de chiffre d’affaires annuel de mille milliards de dollars à fin 2017. Le fait que le marché global en 2018 enregistre une croissance à simple ou deux chiffres dépendra de plusieurs facteurs, notamment de facteurs géopolitiques qui pourraient fortement affecter le tourisme. La croissance dans les produits de luxe se maintiendra, à l’inverse de beaucoup d’autres secteurs », commente Bénédicte Sabadie, Associée en charge du secteur Luxe chez Deloitte.

Un marché français dominé par LVMH, Kering, L'Oréal Luxe et Hermès

Les ventes françaises de produits de luxe restent dominées par LVMH, Kering, L’Oréal Luxe, et Hermès, qui totalisent 90 % du chiffre d’affaires sur ce marché pour l’ensemble des 9 sociétés basées en France du Top 100.

Les 4 géants français du luxe, enregistrant des ventes supérieures à 5 milliards de dollars, ont conservé les mêmes places dans le classement, excepté L’Oréal Luxe et Hermès qui ont respectivement gagné une place depuis l’année dernière. L’Oréal Luxe figure à la 6e place, dépassant ainsi The Swatch Group, tandis qu’Hermès est à la 11e place, devançant Rolex et Chow Tai Fook Jewellery.

LVMH conserve sa place de leader dans le palmarès mondial

Etude-Luxe2018 Deloitte

Répartition géographique : la France et l'Italie en tête de peloton

Une fois encore, la France est la championne en termes de chiffre d’affaires (5,8 milliards de dollars), suivie des États-Unis (3,5 milliards de dollars) et de la Suisse (3,1 milliards de dollars), tandis que l’Italie est le premier pays du classement en termes de nombre d’entreprises. Ensemble, la Chine, la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, la Suisse, la Grande-Bretagne et les USA représentent 83 % des entreprises de produits de luxe du Top 100, cumulant 90% du chiffre d’affaires de ce classement.

Marchés et besoins des clients en mutation permanente

L’industrie des produits de luxe a connu de profonds changements au cours des deux dernières décennies. Variation des tendances économiques, transformation numérique soutenue et évolution des préférences et des goûts des consommateurs engendrent un nouveau paysage concurrentiel où les stratégies traditionnelles sont menacées. L’importance croissante des marchés non occidentaux pour l’industrie des produits de luxe est le fait du leadership en gestion de la chaîne d’approvisionnement, de l’innovation technologique, des investissements internationaux ainsi que de l’adaptation à l’évolution démographique. Ces facteurs contribueront à perpétuer la forte croissance dans ces marchés géographiques.

Face au changement constant des attentes des consommateurs, à l’impact croissant des générations plus jeunes et à leur utilisation des plateformes mobiles, l’aptitude à passer sans effort d’un canal à l’autre est devenue essentielle pour les marques de luxe. Si elles peinent à implémenter des réseaux de distribution numériques, elles risquent d’être laissées pour compte.

« Le secteur du luxe n’est pas épargné par la rupture majeure qui touche l’ensemble de l’écosystème mondial de consommation : la convergence « phygitale » qui impose aux acteurs de réinventer l’expérience magasin grâce au digital, au risque sinon de perdre leurs clients, notamment les Millenials et la Génération Z qui pèseront en 2025 environ 40 % des ventes de luxe, contre 30 % aujourd’hui. De plus, pour attirer ces nouveaux consommateurs, les marques de luxe devront prendre en compte leur attrait pour des produits respectant les valeurs de développement durable », souligne Jean-Marc Liduena, Associé Responsable Consommation & Distribution chez Deloitte. <

(1) Cette croissance de 1,0% sur une année se fonde sur le volume des ventes de détail, cumulé et ajusté en fonction de la devise, généré par le groupe des 100 principales entreprises durant l'exercice 2016. Ajusté en fonction des fluctuations des taux de change entre les exercices 2015 et 2016, ce taux de croissance représente ainsi la croissance réelle.