Contrefaçon : un constat chiffré toujours plus préoccupant

Écrit par © Filactu le . Rubrique: Chiffres et indicateurs

Le Centre indépendant pour la recherche économique et des affaires (CEBR - Londres) à réalisé pour NetNames*, un rapport de synthèse sur  « les risques de la contrefaçon sur Internet », mais il est difficile de savoir si les chiffres présentés se rapportent ou non uniquement à la « contrefaçon sur Internet », le titre du rapport du CEBR étant plus largement ciblé sur « La contrefaçon dans le monde ».

Ce rapport, qui reprend pour l’essentiel des chiffres déjà publiés, estime (prudemment) le marché mondial de la contrefaçon à 534 milliards de dollars [1]. Rappelons que pour l’OCDE, l’estimation globale de la contrefaçon mondiale des biens physiques et numériques, à partir de données 2013, était de 461 milliards de dollars (« Trade in Counterfeit and Pirated Goods: Mapping the Economic Impact » ).

[1] Cebr, Counterfeiting across the globe, 2016

 

Principaux enseignements

  • Les développements mondiaux ont permis à l’économie de la contrefaçon de croître de manière exponentielle. La mondialisation a complexifié le suivi et l’interception des expéditions de biens contrefaits et le développement du libre échange à quant à lui facilité leur distribution. Parmi les autres accélérateurs : les innovations technologiques permettant de fabriquer des faux donnant l’illusion parfaite d’un produit authentique ainsi que le développement international des marques dont la réputation va être recherchée par les consommateurs.
  • Le marché mondial de la contrefaçon est estimé à 534 milliards de dollars. Il devance les marchés noirs de la prostitution (186 milliards de dollars) et de la marijuana (142 milliards de dollars).

  • La plupart des consommateurs exposés à des biens contrefaits associent cette pratique à des biens de grande consommation tels que les vêtements, les sacs ou encore l’électronique grand public, mais à l’heure actuelle tous les produits sont concernés. Au niveau global, les marchés de la contrefaçon les plus importants sont les médicaments, l’électronique et l’alimentaire. Mais les pesticides tout comme les pièces d’un avion peuvent également être contrefaits.

  • 2,5 millions d'emplois perdus dans le monde, dont 107 500 en Allemagne, 72 000 au Royaume-Uni, 31 000 en Italie et 26 300 pour la  France.

  • Le marché de la contrefaçon est considéré comme le plus important aux États-Unis (225 milliards de dollars ou 1.3% du PIB) et le plus petit au Danemark (222 millions de dollars ou 0.1% du PIB).

  • En France : le marché de la contrefaçon est estimé à 7.3 milliards d'euros par an soit 0.3% du PIB.

  • Le plus gros marché de la contrefaçon au monde est celui des médicaments ($200 milliards) suivis par les biens électroniques ($169 milliards) et l'alimentaire ($49 milliards).

  • Les biens contrefaits sont produits dans différents pays à travers le monde, mais la Chine reste la principale zone de production et d’exportation avec 80% des saisies aux frontières de l'Europe en 2015.

  • L’un des moyens de répression de la contrefaçon est la saisie aux frontières. En 2015, 28 865 cargaisons ont été bloquées par les douanes américaines ; 21.6% d’entre-elles étaient composées de vêtements et d’accessoires.

  • En 2014, 35.6 millions d’articles contrefaits ont été détenus aux frontières de l’Europe. Ce chiffre connaît peu de variations, il était de 35.9 millions en 2013 et de 39.9 millions en 2012.

  • La contrefaçon ferait perdre entre 105 et 167 milliards d'euros chaque année aux gouvernements de l'Union européenne. À noter que le rapport en anglais « The Risks of the Online Counterfeit Economy » estime la perte de revenu pour les gouvernements du G20 à 62 milliards de dollars (uniquement sur Internet ?).

  • Les risques et dangers associés à l’économie de la contrefaçon sont nombreux, diversifiés et dépendent de la catégorie de produit impliquée. Dans ce rapport, nous avons identifié 4 typologies de risques corrélés aux développements de la contrefaçon : l’entrave de la dynamique d’innovation et des processus de créativité, les dommages économiques, les enjeux en matière de sécurité et de santé publique et les liens avec le crime organisé.

  • La contrefaçon de produits alimentaires va des conséquences les moins dangereuses comme l’étiquetage d’un vin mousseux en champagne à des pratiques bien pires. Certains ingrédients régulièrement décelés dans les produits contrefaits sont inaptes à la consommation humaine comme, l’utilisation d’antigels, de produits de nettoyage et de dissolvants dans des alcools de contrefaçon. Malgré cela, les consommateurs britanniques continuent à en acheter, 18% ayant déclaré en acquérir de manière occasionnelle selon une étude datant de 2013. Ce chiffre est potentiellement plus élevé ; beaucoup de consommateurs n’ayant pas conscience de consommer de l’alcool contrefait.

 

Télécharger le rapport NetNames du CEBR sur « La contrefaçon dans le monde » en français (mai 2016) :  
https://www.netnames.com/assets/Uploads/Counterfeiting-research-NetNames-FR.pdf

Rapport NetNames sur « The Risks of the Online Counterfeit Economy » (novembre 2016)
https://www.netnames.com/insights/whitepapers/2016/the-risks-of-the-online-counterfeit-economy-1/


* NetNames - une société de CSC (Corporate Service Company), une entreprise basée à Wilmington, Delaware (États-Unis), spécialisée dans la protection des marques sur Internet.