Italie : la contrefaçon fait perdre 6,5 Md€ de CA, 105 000 emplois et 5,3 Md€ de recettes fiscales

Écrit par © Filactu le . Rubrique: Chiffres et indicateurs

Le marché de la contrefaçon en Italie génère un « chiffre d'affaires » de 6,535 milliards d’euros. Le phénomène est omniprésent et a, de plus, un effet déflationniste du fait des rabais consentis aussi sur les marchandises contrefaisantes. Le prix moyen des contrefaçons a baissé de 18% en cinq ans.

Les secteurs les plus touchés par la contrefaçon sont les vêtements et accessoires (2,243 Md €, équivalent à 34,3% de la valeur totale), les CD, DVD et les logiciels (1,786 Md €, 27,3% du total) et les produits alimentaires (un peu plus d'un milliard d'euros, soit 15,8% du total). Ces estimations ressortent d'une enquête menée par le ministère du Développement économique, en collaboration avec Censis.

L'impact de la contrefaçon sur l'économie est très lourd. Si les produits contrefaisants étaient fabriqués et vendus sur le marché légal, ils fourniraient  17,7 Md € de production supplémentaire, et 6,4 Md € de valeur ajoutée.  Cette production légale de biens absorberait 105 000 emplois supplémentaires à temps plein.

La contrefaçon implique également de lourdes pertes fiscales pour le budget de l'État. La production légitime des produits contrefaisants assurerait une des recettes fiscales supplémentaires pour les caisses de l'État, en impôts directs et indirects de 5,28 Md €.

Dans tous les secteurs, à l'exception des médicaments, il y a une diminution des ventes de contrefaçon par rapport à 2010 La crise prolongée entraîne les consommateurs à adopter des stratégies de maîtrise des coûts, même quand il s'agit de produits contrefaisants. Il y a un « effet déflationniste», même pour le faux, avec une baisse des prix des produits de contrefaçon vendus dans la rue. La valeur unitaire moyenne des objets saisis par la brigade douanière et financière a diminué au cours des cinq dernières années de 13 à 10,7 euros (-17,7%).

En revanche, l’attirance des consommateurs pour les produits contrefaits ne diminue pas. Selon l’enquête nationale Censis, 46% des acteurs économiques interrogés  (chambres de commerce, associations professionnelles) déclarent que l'achat de fausses marchandises est une habitude en croissance chez les consommateurs, en particulier en ce qui concerne les articles vêtements et accessoires, tandis que 32% considèrent que le phénomène est stable. 46% ont déclaré que son territoire est producteur de fausses marchandises. La contrefaçon bénéficie d’un environnement plus favorable dans les zones à forte présence d'activités illégales au détriment des affaires légales. 60% des personnes consultées par Censis se plaignent de la présence d’entreprises illégales dans leur région, 52% déclarent des phénomènes d'exploitation du travail et 51% de l'immigration illégale. 21% indiquent même la présence d'entreprises gérées directement par la criminalité organisée (et le pourcentage s'élève à 43% dans le Sud).

Enfin, trop peu d’entreprises italiennes prennent des mesures pour se prémunir contre la propagation du faux. 66% des répondants considèrent que le niveau de connaissance des entreprises sur les solutions anti-contrefaçon est insuffisant pour être utilisé pour la protection de la propriété industrielle.

Tels sont les principaux résultats de la recherche « La contraffazione: dimensioni, caratteristiche e approfondimenti » (« La contrefaçon : dimensions, caractéristiques et perspectives»), qui ont été présentés, le 30 septembre 2014, à Rome par le secrétaire du ministère du Développement économique Simona Vicari, le Directeur général de la DG lutte contre la contrefaçon-UIBM du ministère du Développement économique Loredana Gulino, le directeur général de Censis Giuseppe Roma et discuté par Claudio Bergonzi, Secrétaire général de Indicam, Mario Catania, président de la Commission parlementaire d'enquête sur les phénomènes de la contrefaçon, Marco Felisati, directeur adjoint de l'internationalisation et de la politique commerciale de la Confindustria, Roberto Snaidero, président de FederlegnoArredo, et Giuseppe De Rita, président du Censis.

www.censis.it

 

Télécharger la synthèse de l'étude « La contraffazione: dimensioni, caratteristiche e approfondimenti » (en italien)