Faux médicaments : l’Europe prend conscience de sa vulnérabilité

Écrit par CR07 le . Rubrique: Europe

Conseil-Europe_fmtDu 21 au 23 septembre, le Conseil de l’Europe a organisé un séminaire intitulé « Contrer les contrefacteurs !-» Outre les 46 pays membres, il a réuni de nombreux experts en santé publique, de la commission européenne, de l’OEB, de la Food and Drug Administration (FDA) américaine et de l’industrie pharmaceutique.

 Dans son discours inaugural, Maud de Boer-Buquicchio, secrétaire générale adjointe du Conseil de l’Europe, s’est inquiétée de l’augmentation des risques d’introduction de faux médicaments en Europe. Selon l’OMS, les médicaments de contrefaçon représenterait déjà 8 à 10 % du marché européen et jusqu’à 12 % dans certains pays.

« Récemment, un organe de contrôle d’un Etat membre a rappelé un lot de médicaments contrefaisants destinés à réduire le taux de cholestérol, juste avant qu’ils n’aient pu être utilisés au prix de risques graves pour les patients. Et ceci n’est pas un cas isolé. (…) Dans un tel contexte, il est extrêmement inquiétant que en Europe, il n’existe pas d’organe de référence central chargé de la surveillance, de l’analyse des tendances et de la formulation de recommandations d’actions dans le domaine des médicaments de contrefaçon. Cette situation est favorable aux contrefacteurs, qui peuvent profiter du manque de coopération nationale et internationale et de l’insuffisance des informations en Europe. Même lorsqu’ils sont pris, ils s’en tirent trop souvent avec des amendes administratives qui n’ont aucun effet dissuasif-. »

Selon Paul Dietschy, le porte-parole de Swissmedic, l’Institut suisse des produits thérapeutiques , « plusieurs pays doivent changer leurs lois, la contrefaçon de médicaments n'étant pas toujours considérée comme illégale. Il faut en outre régler la question de la protection des données limitant l'accès aux informations ».

Dans un article récent, Le Point (1) constatait notamment que les importations parallèles ont généré une nouvelle profession, celle de déconditionneur-reconditionneur.

« En Allemagne, le numéro un de l’industrie pharmaceutique est désormais un reconditionneur.-» Par ailleurs, « les Etats-Unis sont particulièrement vulnérables, en raison des prix élevés des médicaments et d’une organisation mal contrôlée dans certains Etats où n’importe quel particulier titulaire d’un permis de conduire peut devenir grossiste en médicaments. »

Les professionnels sont aussi très préoccupés par l’importante quantité de médicaments contrefaisants disponibles sur Internet. Une étude conduite par le General Accounting Office, l'équivalent américain de la Cour des comptes, montre qu’en 2004, 4 médicaments sur 21 commandés via le Web hors des Etats-Unis et du Canada étaient des faux.

(1) Le Point, du 16 juin (n°1709)