Reconnaître le vrai du faux : un besoin de preuve rapide

Écrit par Philippe COLLIER le . Rubrique: Editorial

Etiq-RFID_fmtPour le commun des mortels reconnaître le vrai du faux est a priori une démarche facile et banale. Dans la réalité c’est toujours beaucoup plus compliqué. Les douaniers en savent quelque chose : d’une part, la qualité des contrefaçons ne cesse de croître ; d’autre part, pour brouiller les pistes les contrefacteurs n’hésitent pas à mélanger le vrai et le faux .

Au point, parfois, que seul un spécialiste de l’entreprise victime peut trancher la question et lever le doute. Les contrôles sont généralement motivés par des recoupements d’informations encore que le métier de douanier fasse surtout appel à l’intuition et à l’observation. Les copies sont souvent détectées sur un indice externe, un détail, un grain de sable qui met " la puce à l’oreille ", comme par exemple, une faute d’orthographe sur une étiquette ou un emballage.

Dans tous les cas, avant d’engager une procédure, l’entreprise spoliée doit, pour convaincre la Justice, apporter la preuve que le faux est bien faux. Parfois, elle devra même multiplier les expertises et les contre-expertises, ce qui a pour conséquence de rallonger la procédure et les frais, tout cela pour un résultat aléatoire et la perception de maigres indemnités.

> de la traçabilité à l’authentification

Face à cette difficulté récurrente des entreprises de prouver leur bonne foi et d’obtenir une juste réparation du préjudice, les pouvoirs publics ont décidé, dans le cadre du plan de lutte anti-contrefaçon, de s’engager dans une nouvelle démarche, visant à favoriser le développement des techniques de prévention et de dissuasion. Ces outils d’authentification, de traçabilité et de contrôle, feront l’objet d’une normalisation et d’une certification officielle de façon à garantir l’origine des produits et la confiance des consommateurs.

L’idée est intéressante, car elle facilitera grandement le contrôles des autorités publiques. Les produits ainsi marqués et dont le sceau d’État sera absent, usurpé ou contrefait, seront immédiatement considérés comme contrevenants et par conséquent passibles d’une procédure automatique et simplifiée avec des peines sévères à la clé. En fait, ce type de procédure est déjà appliquée, indépendamment de la lutte anti-contrefaçon, par la DGCCRF, pour les biens de consommation qui ne respectent pas les normes sanitaires ou qui présentent un danger pour le consommateur. Les équipements électriques non conformes ou les jouets dangereux sont ainsi immédiatement retirés du marché et détruits. Sans autre forme de procès. C’est donc une procédure à la fois efficace, rapide et peu coûteuse. Et qui deplus a aussi le mérite d’alléger la charge des tribunaux.

Actuellement, toutes les entreprises sont mobilisées par le développement de solutions d’identification et de traçabilité de leurs produits pour améliorer la gestion des stocks et la logistique. Elles vont consacrer à ces développements des budgets considérables. Il serait dommage de ne pas profiter de cette occasion pour renforcer les moyens de lutte anti-contrefaçon. Une contrainte qui est encore insuffisamment prise en compte par les responsables des systèmes d’information, mais aussi par les offreurs de technologies RFID. Les coûteuses étiquettes intelligentes doivent, en particulier, encore faire la preuve de leur inviolabilité et de leur capacité à traiter efficacement de ces questions. <

Par Philippe Collier / Rédacteur en chef