Le Congrès mondial appelle à une réponse coordonnée

Écrit par Philippe COLLIER le . Rubrique: Editorial

Cancun-Interpol1_fmtLe 5e Congrès mondial sur la lutte contre la contrefaçon et le piratage qui s’est tenu à Cancún (Mexique) du 1er au 3 décembre 2009, a été l’occasion de dresser un bilan et de chercher des solutions innovantes pour faire face aux menaces que représente l’industrie du faux pour les consommateurs, l’emploi et les acteurs du commerce mondial.

 

La manifestation co-organisée par Interpol, l’Organisation mondiale des douanes (OMD), l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI), la Chambre internationale de commerce (CCI) — dans le cadre de son initiative BASCAP (Business Action to Stop Counterfeiting and Piracy) — l’Association internationale des marques (INTA) et l’International Security Management Association (ISMA), a réuni plus de 800 délégués de 80 pays.

> 2,5 millions d’emplois menacés

Même si l’estimation partielle de l’impact économique de la contrefaçon a été revue à la baisse par l’OCDE, il n’en reste pas moins que le phénomène ne cesse de s’amplifier. Ainsi, hors Internet, le commerce international de la contrefaçon des produits physiques dépasserait aujourd’hui les 250 milliards de dollars – soit près de 2 % du commerce mondial – contre 200 milliards en 2007. D’après d’autres données du BASCAP, le préjudice économique occasionné aux pays du G20 serait de plus de 100 milliards d’euros, et ce type d’activités menacerait 2,5 millions d’emplois légitimes. Par ailleurs, selon un autre rapport du BASCAP, 80 % des consommateurs reconnaissent acheter régulièrement des contrefaçons ou des produits piratés, en ne se préoccupant guère des conséquences de ces achats.

Pour Ronald K. Noble, le secrétaire général d’Interpol, depuis le premier congrès de Bruxelles en 2004, « en cinq ans, la contrefaçon et le piratage ont augmenté de manière significative et continue de croître. Ce qui représente des défis importants pour tous les intervenants. » Mais, a-t-il ajouté, « la contrefaçon et le piratage sont désormais traités avec le sérieux qu’ils méritent. » Au sein d’Interpol, six personnes traitent en permanence des questions de propriété intellectuelle et une septième, détachée de la douane française, arrivera en janvier 2010. De même, comme récemment avec l’Opération Pangea II (voir CR N°49), Interpol multipliera en 2010 les opérations d’envergures, dont l’Opération Jupiter qui cette fois couvrira l’ensemble de l’Amérique du Sud et de l’Amérique Centrale.

Les intervenants ont présenté diverses stratégies visant à combattre plus efficacement la contrefaçon et le piratage soit en renforçant la coopération et la coordination des secteurs public et privé, soit en sensibilisant le public et les responsables politiques à ce problème. À noter que pour la première fois, le congrès a évoqué la responsabilité des tiers qui aident sciemment les faussaires à vendre ou distribuer les contrefaçons et les produits piratés. Ces thèmes seront développés dans une série de recommandations relatives aux actions spécifiques à mener qui devrait être publiée en janvier 2010. Pour Richard Heath, président de l’INTA et vice-président d’Unilever PLC, « si les trois jours de débats font clairement ressortir que beaucoup a déjà été accompli pour lutter contre la contrefaçon et le piratage, il reste encore énormément à faire au niveau mondial et local. »

Enfin, l’OMPI, qui présidera le 6e Congrès mondial, a annoncé qu’elle organiserait cet événement à Paris, en février 2011, en partenariat avec l’Institut national de la propriété industrielle (INPI). <

Par Philippe Collier / Rédacteur en chef

 

Légende photo de gauche à droite : Lou Alexander (ISMA) ; Richard Heath (INTA) ; M. Takagi (OMPI) ; Mark Cobben (BASCAP) ; Jorge Amigo Castañeda (IMPI) ; Michael Schmitz (OMD) - © Interpol

CR50 - © Contrefaçon Riposte N°50 - décembre 2009