Promouvoir l’utilisation du bois légal et certifié en architecture

Écrit par © Filactu le . Rubrique: Campagnes

Jacques Chirac, président de la fondation Chirac, et Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication, ont lancé, le 28 septembre, à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine à Paris, le premier cycle de sensibilisation des étudiants architectes à l’utilisation du bois légal et certifié.


Dans le secteur privé en particulier, on privilégie encore trop souvent le bois non certifié et potentiellement illégal, faute d'information sur les différences entre une forêt certifiée et une forêt non-certifiée. Mieux sensibilisés aux enjeux de l'éco-certification, les architectes prendront conscience du rôle clef qu'ils peuvent jouer en faveur de la préservation des forêts. Tout au long de l’année, des conférences seront proposées aux 20 000 étudiants-architectes.

Urgence
Seulement 5% des forêts tropicales sont aujourd’hui gérées de façon durable. 13 millions d’hectares de forêt tropicale disparaissent chaque année. Les architectes ont un rôle décisif à jouer dans le choix des bois utilisés. Mieux informés, ils seront amenés à recommander le bois légal et éco-certifié et donneront une plus large place à une exploitation forestière respectueuse de l’environnement et des populations locales. Parallèlement au cycle de sensibilisation à l’usage des étudiants architectes, une formation sera proposée aux architectes en activité dans toute la France au sein des pôles régionaux de formation continue.

Deux labels de référence
Depuis 1993, plusieurs dispositifs internationaux ont proposé et mis en place un cadre de développement pour la certification forestière. Conçus pour s’appliquer dans différentes régions du globe, ils se différencient par leurs procédures et leur champ d’application à l’intérieur de la filière bois.

En France et dans de nombreux pays européens, deux systèmes font référence : le PEFC (Pan European Forest Certification, devenu Program for the Endorsement of Forest Certification Schemes), et le FSC (Forest Stewardship Council). Ils définissent des critères de bonne gestion pour chaque étape de la chaîne de production des produits à base de bois. Un écolabel apposé sur un produit en bois garantit que ce produit répond aux critères de certification.

• Le label FSC : plus de 100 millions d’hectares de forêts, dans 80 pays, ont été certifiés FSC en 2009
Créé en 1992, le FSC est une organisation non gouvernementale, à but non lucratif et indépendante. Elle concerne essentiellement le bois exotique, issu des plantations et des forêts d'Indonésie, d'Afrique, du Vietnam et du Brésil. Cette organisation exige en tout premier lieu le respect d’un ensemble de critères de production et de transformation du bois, en 10 principes (sociaux, environnementaux et économiques) incluant notamment la reconnaissance du droit des populations autochtones. Elle regroupe des organisations de protection de l'environnement, les acteurs de la filière bois (importateurs et exportateurs, exploitants forestiers, transformateurs, distributeurs...), des représentants des autochtones et des organismes de certification du monde entier.

• Le label PEFC : plus de 220 millions d’hectares de forêts ont été certifiés PEFC en 2009
Le système de certification PEFC a été conçu plus spécifiquement pour les forêts d’Europe et d'Amérique du Nord. Il s’inscrit dans la continuité des actions intergouvernementales sur la gestion des forêts, notamment des Conférences Ministérielles sur la Protection des Forêts en Europe (à Strasbourg en 1990, à Helsinki en 1993 et à Lisbonne, en 1998).
Il est géré par une organisation fédérant les niveaux régional, national et international. Les producteurs de bois, les transformateurs et les consommateurs y sont représentés. Ainsi, chaque association nationale (PEFC France, par exemple) définit les normes à appliquer au niveau de son territoire, puis les associations régionales les adaptent en tenant compte des particularités locales de boisements, ou des types de forêts.

Une chaîne de traçabilité spécifique
La chaîne de traçabilité (Chain of Custody ou CoC) est le trajet que suit le bois depuis la forêt certifiée jusqu’au consommateur final. Chaque partie impliquée dans le processus de transformation du bois (scierie, importateur, négociant...) qui désire vendre du bois certifié est contrôlée par un organisme certificateur indépendant avant de recevoir son certificat de chaîne de traçabilité. Seules les entreprises possédant un certificat de chaîne de traçabilité peuvent vendre du bois (ou des produits) labélisé.

La chaîne de traçabilité concerne la gestion et la provenance génétique des plants ou graines (quand il s'agit de plantations), en passant par la coupe, le tri des grumes, le sciage, le tri des sciages, le séchage, le classement, la première ou seconde transformation jusqu'à, éventuellement, la réutilisation, le recyclage ou la valorisation du bois.

La traçabilité totale de toute la chaîne du bois est un des enjeux de crédibilité des labels. Elle permet de limiter les bois exportés et importés illégalement et de garantir que les produits - matières premières ou produits finis – proviennent, pour tout ou partie, de forêts dont la gestion est certifiée comme durable.